Les artistes se racontent... Focus sur des artistes en création dans l'une des fabriques...

Retrouvez les archives des focus d'artistes qui sont passés dans les murs des fabriques 

  

  

Juin 2017

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RETOUR AU NOIR

Compagnie Nour

  

Après quelques semaines de travail à la Fabrique Dervallières-Zola en octobre, la compagnie angevine NOUR pose ses valises à la Fabrique Bellevue-Chantenay afin de poursuivre la création de Retour au Noir, solo écrit au plateau, tenant à la fois de la performance, du spectacle théâtre-danse et du stand-up. 

Rencontre avec Élisa Lecuru, à l'origine de ce projet. 

Peux-tu te présenter ?  

© Vincent Fribault 

Je suis comédienne, je me suis formée dans différentes écoles avec toujours une attirance pour le travail physique. J'ai également une formation en ethnologie et sociologie, due à un grand intérêt pour les questions sociales et politiques que nous offre le monde d'aujourd'hui. 

La compagnie NOUR est une jeune compagnie, fondée il y a un an. J'ai beaucoup travaillé en collectif, ce que je continue de faire, mais j'ai créé NOUR - lumière, en arabe - pour développer mes projets d'écriture au plateau. Je voulais essayer des formes, mélanger danse, théâtre et performance. En un mot : expérimenter. J'avais besoin d'un espace, d'une structure dédiée à cette expérimentation. L'idée est de débuter seule puis de rassembler des gens dans un second temps, au fil des rencontres et des nécessités de la création. La compagnie est basée à Angers mais pour l'instant je crée tout autant le spectacle à Nantes ! 

Peux-tu parler de la création Retour au Noir ? Pourquoi avoir choisi de parler du mythe d'Orphée ? 

L'idée de construire un solo est arrivée il y a quelques années. Je voulais sortir des cadres classiques du théâtre et donner une grande place au corps mais je ne savais pas encore comment. Je voulais créer "au plateau", dans le cadre de sessions en studio, sans séparer l'écriture de l'interprétation. 

Tout s'est décidé quand un matin, je me suis dit qu'il fallait que je travaille sur le mythe d'Orphée. C'est une histoire qui m'a beaucoup marqué quand j'étais enfant et elle est revenue d'un coup. Toute la création, en définitive, a été de comprendre pourquoi ! Qu'est ce qui fait que cette histoire est tellement marquante à la fois dans sa force d'amour mais aussi dans sa violence ? Je crois que c'est ça, il fallait que j'avance dans la complexité et le mystère de ce mythe, sans avoir ce que j'allais y trouver. C'est une exploration, comme si je tirais un bout de fil et qu'il y avait tout une pelote derrière. Mais ce n'est pas qu'une exploration analytique ou intellectuelle car au départ de l'histoire, il y a le retournement d'Orphée sur Eurydice dans le couloir des enfers. C'est très concret, un retournement, ça s'explore physiquement. Le spectacle est alors devenu une recherche à la fois physique, symbolique et poétique autour de la question: Pourquoi Orphée s'est retourné alors que cela le mènerait à sa perte ? Pourquoi est-il retourné au noir ? 

Quels choix de scénographie, de mise en scène, lumières, sons... as-tu faits pour cette création ?  

© Xavier Thomas 

Retour au noir est une forme très légère techniquement, c'est un format proche de ce qu'on peut voir en danse ou dans le domaine de la performance. Je ne voulais amener que le nécessaire sur le plateau et aussi gommer la séparation entre l'interprète et le public : je suis la, le "public" est la, il assiste en direct à mon exploration. Je parle en direct, avec qui je suis, et nous partageons une expérience commune. Je ne cherche pas à créer un espace différencié. Cela ne veut pas dire qu'il n'y pas d'imaginaire, de projection, de voyage. Au contraire !
 
Au début du spectacle, la robe d'Eurydice est suspendue et un ventilateur la fait danser. Puis arriveront au fur et à mesure: une paire de ciseaux, les chaussures et la robe d'Amy Winehouse, un tableau blanc, un serre-tête avec des oreilles vertes. Ce sont mes seuls partenaires. Une voix off intervient quelques fois. La lumière est créée avec Laurent Fallot et nous travaillons avec le plus de naturel possible, pour que je sois éclairée de la même manière que les spectateurs. 

Pas de musique à proprement parler, mais une création sonore qui interviendra à la fin de la pièce, est en cours. 

Sur quoi vas-tu particulièrement travailler durant ta résidence à la Fabrique Chantenay ? Que vas-tu présenter durant ton ouverture publique ? 

Durant ma résidence à la fabrique Chantenay, je vais travailler avec la danseuse Laura Abad Ramos, un de mes regards extérieurs sur ce projet. Elle m'aide beaucoup sur toutes les parties corporelles du spectacle mais également sur la fluidité et l'interprétation globale. J'ai une trame de 45 minutes, dont la fin du spectacle. Je vais affiner cette trame, la préciser puis répéter et répéter, afin de la présenter le 8 juin lors du "Jeudi de la Fabrique". Il me manque environ une dizaine de minutes pour terminer la pièce, mais j'ai besoin de m'approprier ce que j'ai déjà pour me concentrer sur le jeu, sans penser à l'écriture !  

Quelle est la suite de Retour au Noir ? Ton actualité ? 

© Vincent Fribault 

Pour Retour au noir, l'idée est de trouver d'autres partenaires, afin de finir le spectacle et de le présenter au public. Des réponses sont en cours et tout ça va s'étoffer dans les prochains mois... C'est un premier spectacle, c'est long mais enthousiasmant. A côté, je suis interprète dans la prochaine création du collectif angevin PLATOK, ADN. Je travaille aussi sur d'autres projets plus petits, donne des cours et gère ma compagnie. Beaucoup de casquettes ! 

  

Compagnie Nour
Conception, écriture et interprétation : Elisa Lécuru
Regard extérieur : Patricia Morejón
Regard chorégraphique : Laura Abad Ramos
Création lumière : Laurent Fallot
Crédit image : Vincent Fribault 

Découvrez ce projet le jeudi 8 juin à 18h30 à la Fabrique Bellevue-Chantenay, lors d'un Jeudi de la Fabrique. 

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